Vous vous réveillez brutalement en pleine nuit, le cœur qui bat à tout rompre, couvert de sueurs froides, avec cette sensation d’oppression dans la poitrine qui vous coupe le souffle. Cette peur diffuse et inexplicable vous empêche de vous rendormir, et vous redoutez désormais le moment d’aller au lit. Si ce scénario vous est familier, vous souffrez probablement d’angoisse nocturne, un trouble qui touche des milliers de personnes et transforme leurs nuits en véritables épreuves.
Contrairement à un simple cauchemar qui disparaît au réveil, l’angoisse nocturne provoque des symptômes physiques intenses (palpitations, transpiration, tremblements) et s’installe comme une peur persistante qui gâche votre sommeil et votre qualité de vie. La bonne nouvelle ? Ce phénomène n’est ni une fatalité ni un signe de faiblesse, et des solutions concrètes existent pour le calmer et retrouver des nuits réparatrices.
Dans cet article, nous explorons en profondeur ce qu’est réellement l’angoisse nocturne, comment la reconnaître, pourquoi elle survient, et surtout, les techniques validées pour la gérer efficacement et enfin dormir sereinement.
Qu’est-ce que l’angoisse nocturne exactement ?
L’angoisse nocturne se définit comme une manifestation d’anxiété intense survenant pendant la nuit, généralement dans les premières heures après l’endormissement ou au milieu de la nuit. Elle se caractérise par un réveil brutal accompagné d’une sensation de peur irrationnelle, de panique ou de danger imminent, sans qu’aucune menace réelle n’existe. Votre corps réagit comme s’il était confronté à un danger mortel, déclenchant une réponse de stress physiologique massive alors que vous êtes simplement allongé dans votre lit, en sécurité.
Ce qui distingue l’angoisse nocturne d’autres troubles du sommeil, c’est cette combinaison unique de symptômes physiques intenses et de détresse psychologique. Votre système nerveux sympathique s’active brutalement, libérant une décharge d’adrénaline et de cortisol qui met votre organisme en mode « combat ou fuite ». Votre rythme cardiaque s’accélère brusquement, votre respiration devient rapide et superficielle, vos muscles se contractent, votre température corporelle augmente.
Mentalement, vous ressentez une peur écrasante, souvent sans objet précis, parfois accompagnée de pensées catastrophiques ou de la sensation que quelque chose de terrible va arriver. L’angoisse nocturne peut survenir de manière ponctuelle en réponse à un événement stressant récent (examen, conflit, changement professionnel), ou devenir récurrente lorsqu’elle s’installe dans un cercle vicieux : vous avez peur d’aller dormir par crainte de revivre une crise, cette anticipation anxieuse perturbe votre endormissement et augmente paradoxalement la probabilité d’une nouvelle crise.
Il est important de comprendre que l’angoisse nocturne n’est pas un signe de folie ni de faiblesse mentale. Elle résulte d’un dérèglement temporaire de votre système nerveux, souvent lié au stress accumulé, à des facteurs environnementaux ou à des prédispositions biologiques. Reconnaître et nommer ce que vous vivez constitue déjà la première étape vers la guérison, car cela vous permet de sortir de l’isolement et de chercher les solutions appropriées.
Différence entre cauchemar, anxiété nocturne et crise de panique
Ces trois phénomènes se produisent la nuit mais présentent des caractéristiques très différentes qu’il est essentiel de distinguer pour adopter la bonne approche thérapeutique.
| Phénomène | Moment d’apparition | Symptômes principaux | Durée | Souvenir au réveil |
|---|---|---|---|---|
| Cauchemar | Sommeil paradoxal (2e partie de nuit) | Rêve au contenu effrayant, réveil avec souvenir précis du scénario | Quelques minutes | Souvenir détaillé du contenu du rêve |
| Anxiété nocturne | Avant l’endormissement ou réveils nocturnes | Ruminations mentales, tension musculaire modérée, agitation | Plusieurs heures | Conscience des pensées et préoccupations |
| Crise de panique nocturne | Sommeil profond (stades 2-3) | Palpitations intenses, oppression thoracique, sueurs, tremblements, peur de mourir | 5-20 minutes (pic en quelques minutes) | Peu ou pas de souvenir du déclencheur |
Les cauchemars
Les cauchemars sont des rêves au contenu effrayant ou perturbant qui surviennent pendant le sommeil paradoxal, généralement en deuxième partie de nuit. Vous vous réveillez avec le souvenir précis du scénario angoissant que vous veniez de rêver : poursuite, agression, catastrophe, perte d’un proche. Une fois réveillé, vous réalisez rapidement qu’il s’agissait d’un rêve, votre rythme cardiaque se normalise en quelques minutes, et vous pouvez généralement vous rendormir.
Les cauchemars occasionnels sont normaux. Ils deviennent problématiques lorsqu’ils sont fréquents et perturbent durablement votre sommeil, souvent en lien avec un traumatisme (syndrome de stress post-traumatique) ou une anxiété importante.
L’anxiété nocturne
L’anxiété nocturne désigne un état d’inquiétude diffuse et de rumination mentale qui empêche l’endormissement ou provoque des réveils nocturnes. Contrairement à l’angoisse aiguë, les symptômes physiques restent modérés : tension musculaire, agitation mentale, difficulté à « éteindre » vos pensées. Vous êtes conscient, votre esprit tourne en boucle sur vos préoccupations (travail, famille, santé, finances), et cette hyperactivité mentale maintient votre cerveau en état d’éveil.
L’anxiété nocturne résulte souvent d’un stress chronique non géré pendant la journée qui se manifeste dès que votre esprit n’est plus occupé par des activités externes.
La crise de panique nocturne
La crise de panique nocturne représente la forme la plus intense d’angoisse nocturne. Elle survient brutalement, généralement pendant le sommeil profond (stades 2 ou 3), vous arrachant violemment au sommeil avec des symptômes physiques paroxystiques : palpitations intenses avec l’impression que votre cœur va exploser, oppression thoracique donnant l’impression d’étouffer ou de faire un infarctus, vertiges, tremblements incontrôlables, sueurs abondantes, sensation de dépersonnalisation (vous ne vous reconnaissez plus) ou de déréalisation (le monde autour de vous semble irréel).
La peur de mourir ou de perdre le contrôle domine. Ces crises atteignent leur pic en quelques minutes mais leurs effets résiduels (fatigue, anxiété anticipatoire) peuvent durer des heures, voire des jours.
La distinction majeure ? Les cauchemars ont un contenu narratif dont vous vous souvenez, l’anxiété nocturne est un état mental d’inquiétude continue, tandis que l’angoisse et la panique nocturnes sont des événements physiologiques brutaux avec des symptômes corporels prédominants, souvent sans contenu mental spécifique.

Symptômes fréquents de l’angoisse nocturne : comment la reconnaître
Identifier précisément les symptômes vous permet de comprendre ce qui vous arrive et d’expliquer clairement votre situation à un professionnel de santé si nécessaire. L’angoisse nocturne se manifeste à travers une constellation de signes physiques et psychologiques qui varient en intensité selon les personnes.
Symptômes physiques caractéristiques
Les manifestations corporelles de l’angoisse nocturne sont souvent les plus impressionnantes et les plus effrayantes. Elles résultent de l’activation brutale de votre système nerveux sympathique, celui qui gère les réactions de stress aigu.
Les palpitations cardiaques figurent parmi les symptômes les plus fréquents et les plus angoissants. Votre cœur se met soudainement à battre très rapidement et très fort, vous avez l’impression de sentir chaque battement résonner dans votre poitrine, votre cou, vos tempes. Votre rythme cardiaque peut passer de 60-70 battements par minute au repos à 120-140 battements par minute en quelques secondes. Cette sensation est si intense que beaucoup de personnes craignent de faire un infarctus, surtout lors de la première crise. Rassurez-vous : bien que désagréable, cette accélération cardiaque liée à l’anxiété n’endommage pas votre cœur chez une personne en bonne santé cardiovasculaire.
La transpiration excessive survient fréquemment. Vous vous réveillez trempé de sueurs froides, votre pyjama et parfois même vos draps sont mouillés. Cette sudation profuse résulte de la montée brutale de votre température corporelle et de la libération d’adrénaline. Certaines personnes décrivent aussi des bouffées de chaleur alternant avec des frissons, créant une sensation très désagréable d’instabilité thermique.
L’oppression thoracique et la difficulté respiratoire comptent parmi les symptômes les plus effrayants. Vous ressentez comme un poids écrasant sur votre poitrine, l’impression que quelque chose comprime vos poumons, vous avez du mal à respirer profondément. Votre respiration devient rapide, superficielle, haletante (hyperventilation), ce qui paradoxalement aggrave la sensation de manque d’air en déséquilibrant vos niveaux de CO2 et d’oxygène. Cette hyperventilation peut provoquer des vertiges, des fourmillements dans les mains et autour de la bouche, une vision trouble.
Les tremblements affectent généralement les mains, les jambes, parfois tout le corps. Vous ne contrôlez plus vos muscles qui se contractent de manière involontaire. Certaines personnes décrivent aussi des crampes musculaires ou une raideur généralisée, comme si leur corps était figé par la peur.
D’autres symptômes physiques peuvent apparaître : nausées ou mal de ventre (votre système digestif se met en pause pendant la réaction de stress), sécheresse buccale intense, besoin urgent d’uriner, maux de tête, sensation de jambes en coton ou de faiblesse généralisée. Après la crise, un épuisement physique profond s’installe souvent, comme si vous veniez de courir un marathon.
Symptômes psychologiques et émotionnels
Au-delà des manifestations corporelles, l’angoisse nocturne génère une détresse psychologique considérable qui peut persister bien après la résolution des symptômes physiques.
La peur intense et irrationnelle domine l’expérience. Cette peur n’a souvent pas d’objet précis, c’est une terreur diffuse, un sentiment de danger imminent sans que vous puissiez identifier clairement ce qui vous menace. Certaines personnes développent une peur de mourir, de perdre le contrôle, de devenir fou, ou que quelque chose de catastrophique arrive à leurs proches. Ces pensées envahissantes amplifient l’angoisse dans un cercle vicieux.
La sensation de déréalisation ou de dépersonnalisation peut survenir lors des crises intenses. Le monde autour de vous semble étrange, irréel, comme si vous étiez dans un rêve ou derrière une vitre. Vous ne vous reconnaissez plus vous-même, vous avez l’impression d’être détaché de votre propre corps, d’observer la scène de l’extérieur. Ces expériences dissociatives sont extrêmement déstabilisantes mais temporaires et sans danger.
L’hypervigilance s’installe progressivement. Même pendant la journée, vous restez en alerte, scrutant chaque sensation corporelle avec inquiétude, interprétant le moindre battement de cœur un peu fort comme le signe annonciateur d’une nouvelle crise. Cette vigilance excessive maintient votre système nerveux en tension permanente, augmentant paradoxalement le risque de nouvelles crises.
La peur d’aller dormir (anxiété anticipatoire) se développe fréquemment chez les personnes ayant vécu plusieurs épisodes d’angoisse nocturne. Vous redoutez le moment du coucher, vous retardez l’heure d’aller au lit, vous luttez contre le sommeil par peur de revivre une crise. Cette anxiété par anticipation perturbe l’endormissement et crée un terrain favorable aux troubles du sommeil, alimentant un cercle vicieux dévastateur.
Les ruminations mentales accompagnent souvent l’angoisse nocturne. Allongé dans le noir, votre esprit s’emballe, passant d’une inquiétude à l’autre sans jamais trouver de repos. Vous ressassez vos problèmes, anticipez des scénarios catastrophes, analysez en boucle des situations passées. Cette agitation mentale maintient votre cerveau en état d’éveil et empêche la détente nécessaire au sommeil.
L’impact sur la qualité de vie est considérable : fatigue chronique, irritabilité, difficultés de concentration, baisse de performance au travail, évitement des situations sociales, repli sur soi. L’angoisse nocturne ne se limite pas aux heures de sommeil, elle contamine progressivement toute votre existence si elle n’est pas traitée.
Causes possibles de l’angoisse nocturne
Comprendre pourquoi l’angoisse nocturne survient vous aide à identifier les facteurs déclenchants dans votre vie et à agir sur les leviers appropriés pour réduire sa fréquence et son intensité.
Stress accumulé et anxiété généralisée
Le stress chronique représente la cause la plus fréquente d’angoisse nocturne. Pendant la journée, vous êtes occupé, votre attention est mobilisée par vos activités, vos interactions, vos obligations. Votre cerveau gère le stress en mode « action », vous vous maintenez en mouvement. Mais la nuit, quand vous vous allongez dans le silence et l’obscurité, votre esprit n’a plus de distraction externe. Toutes les tensions, les inquiétudes et les émotions refoulées pendant la journée remontent à la surface.
Si vous vivez une période particulièrement stressante (surcharge de travail, problèmes financiers, conflits relationnels, deuil, maladie, changements importants), votre niveau d’anxiété de base augmente progressivement sans que vous en soyez nécessairement conscient. Votre système nerveux reste en alerte permanente, hypersensibilisé. Dans ce contexte, le passage du sommeil léger au sommeil profond peut déclencher une réaction disproportionnée de votre système nerveux sympathique, provoquant une crise d’angoisse nocturne.
Le trouble anxieux généralisé (TAG) prédispose fortement à l’angoisse nocturne. Si vous êtes une personne naturellement anxieuse, qui s’inquiète excessivement de nombreux aspects de la vie quotidienne, qui anticipe constamment les problèmes potentiels, votre cerveau fonctionne en mode hypervigilance permanente. Cette anxiété chronique trouve souvent à s’exprimer la nuit sous forme de crises aiguës.
Les traumatismes non résolus, même anciens, peuvent ressurgir la nuit. Le sommeil lève partiellement les défenses psychiques que vous maintenez consciemment pendant la journée, permettant aux souvenirs traumatiques et aux émotions associées de remonter. Les personnes souffrant de syndrome de stress post-traumatique (SSPT) expérimentent fréquemment des réveils brutaux accompagnés d’angoisse intense.
Hygiène de sommeil et facteurs environnementaux
Votre environnement de sommeil et vos habitudes nocturnes influencent considérablement votre vulnérabilité à l’angoisse nocturne. Certains facteurs apparemment anodins peuvent perturber significativement la qualité de votre sommeil et favoriser les crises.
La consommation de stimulants en fin de journée ou en soirée constitue un facteur déclenchant fréquent. La caféine (café, thé, sodas, chocolat, boissons énergisantes) reste active dans votre organisme pendant 4 à 6 heures minimum. Boire un café à 17h peut encore perturber votre sommeil à 23h. La caféine bloque les récepteurs de l’adénosine, cette molécule qui favorise la somnolence, maintenant votre cerveau en état d’éveil et augmentant votre niveau général d’anxiété.
La nicotine est également un stimulant puissant. Fumer le soir ou se réveiller la nuit pour fumer perturbe profondément votre sommeil et maintient votre système nerveux en activation. Paradoxalement, bien que la cigarette soit souvent perçue comme « calmante » par les fumeurs, elle augmente en réalité le stress physiologique.
L’alcool pose un problème différent. Certes, il facilite l’endormissement initial en ayant un effet sédatif, mais il perturbe gravement l’architecture de votre sommeil en réduisant le sommeil paradoxal et en fragmentant votre nuit. De plus, quelques heures après avoir bu, lorsque l’alcool est métabolisé, il provoque un effet rebond : votre système nerveux se réactive brutalement, votre rythme cardiaque et votre niveau de cortisol augmentent, créant des conditions propices à l’angoisse nocturne.
L’exposition aux écrans avant le coucher est délétère à plusieurs niveaux. La lumière bleue émise supprime la production de mélatonine, retardant votre endormissement. Le contenu que vous consommez (actualités anxiogènes, réseaux sociaux stimulants, films d’action, jeux vidéo excitants) maintient votre cerveau en état d’alerte. Consulter vos emails professionnels ou vos messages juste avant de dormir active vos préoccupations et empêche la transition vers le repos mental.
Un environnement de sommeil inadapté contribue aux troubles : chambre trop chaude (la température idéale se situe entre 16 et 19°C), trop lumineuse, trop bruyante, matelas inconfortable, literie inadaptée. Votre corps a besoin de conditions spécifiques pour entrer en mode repos profond. Tout élément perturbateur maintient votre système nerveux en vigilance.
Les horaires de sommeil irréguliers désynchronisent votre horloge biologique. Se coucher et se lever à des heures variables perturbe votre rythme circadien, rendant l’endormissement plus difficile et le sommeil moins réparateur. Cette désynchronisation augmente votre vulnérabilité au stress et à l’anxiété.
Le manque d’activité physique joue également un rôle. L’exercice régulier aide à réguler votre système nerveux, à évacuer les tensions physiques et émotionnelles, et à améliorer la qualité de votre sommeil. Une vie trop sédentaire laisse votre corps et votre esprit en tension, sans exutoire pour libérer le stress accumulé.
Conditions médicales
Certaines conditions médicales peuvent provoquer ou aggraver l’angoisse nocturne : troubles thyroïdiens (hyperthyroïdie notamment), apnée du sommeil (les micro-éveils répétés et la baisse d’oxygénation peuvent déclencher des réactions de panique), reflux gastro-œsophagien (les brûlures réveillent brutalement et provoquent une gêne qui peut être interprétée comme de l’angoisse), hypoglycémie nocturne, troubles hormonaux.
Si vos crises d’angoisse nocturne persistent malgré une bonne hygiène de sommeil et la gestion du stress, un bilan médical s’impose pour écarter ces causes organiques.
Comment calmer une crise d’angoisse la nuit : techniques d’urgence
Lorsqu’une crise d’angoisse vous réveille en pleine nuit, disposer de techniques efficaces pour la calmer rapidement fait toute la différence. Ces outils pratiques vous redonnent un sentiment de contrôle et réduisent l’intensité et la durée de l’épisode.
Techniques de respiration et relaxation immédiate
La respiration contrôlée constitue votre outil le plus puissant en situation de crise. L’hyperventilation caractéristique de l’angoisse déséquilibre vos niveaux de CO2 et d’oxygène, aggravant les symptômes. Reprendre le contrôle de votre respiration calme immédiatement votre système nerveux.
La respiration abdominale profonde est simple et efficace. Asseyez-vous confortablement dans votre lit ou dans un fauteuil, dos droit. Posez une main sur votre ventre, l’autre sur votre poitrine. Inspirez lentement et profondément par le nez en gonflant votre ventre (la main sur votre ventre doit se soulever, celle sur votre poitrine reste presque immobile). Retenez votre respiration une seconde ou deux. Puis expirez très lentement par la bouche, comme si vous souffliez dans une paille, en rentrant votre ventre. L’expiration doit être plus longue que l’inspiration. Répétez pendant 5 à 10 minutes. Cette technique active votre système nerveux parasympathique, celui du repos et de la récupération, contrecarrant la réaction de stress.
La méthode 4-7-8 offre un cadre structuré. Inspirez silencieusement par le nez en comptant mentalement jusqu’à 4. Retenez votre respiration en comptant jusqu’à 7. Expirez complètement par la bouche en comptant jusqu’à 8, en produisant un son audible. Répétez ce cycle 4 fois minimum. Cette technique ralentit drastiquement votre rythme cardiaque et induit un état de calme en quelques minutes.
La cohérence cardiaque synchronise votre respiration avec votre rythme cardiaque. Inspirez pendant 5 secondes, expirez pendant 5 secondes, répétez pendant 5 minutes. Ce rythme de 6 respirations par minute optimise votre variabilité cardiaque et équilibre votre système nerveux autonome. Des applications mobiles gratuites peuvent vous guider avec des animations visuelles ou sonores.
Le grounding (ancrage) vous reconnecte au moment présent et sort votre esprit de la spirale anxieuse. La technique 5-4-3-2-1 est particulièrement efficace : identifiez 5 choses que vous voyez autour de vous (votre table de chevet, le réveil, le rideau, un livre, votre main), 4 choses que vous pouvez toucher (la texture de votre couette, la douceur de votre oreiller, le bois de votre lit, le sol sous vos pieds), 3 choses que vous entendez (le tic-tac de l’horloge, un bruit au loin, votre propre respiration), 2 choses que vous sentez (l’odeur de votre parfum, celle de votre chambre), 1 chose que vous goûtez (buvez une gorgée d’eau et concentrez-vous sur le goût). Cette technique force votre attention sur des stimuli sensoriels concrets, interrompant le flot de pensées anxieuses et ramenant votre esprit dans le réel.
La relaxation musculaire progressive libère les tensions physiques. Contractez fortement chaque groupe musculaire pendant 5 secondes puis relâchez complètement pendant 10 secondes : commencez par les pieds, remontez vers les mollets, les cuisses, les fessiers, le ventre, les mains, les bras, les épaules, le cou, le visage. Cette alternance tension-détente aide votre corps à lâcher prise et envoie des signaux de sécurité à votre cerveau.
Sortir du lit peut être judicieux si après 15-20 minutes vous ne parvenez pas à vous calmer. Restez dans la pénombre (évitez les lumières vives qui stimulent l’éveil), asseyez-vous dans un fauteuil confortable, pratiquez vos techniques de respiration, lisez quelques pages d’un livre apaisant, buvez une tisane relaxante (camomille, tilleul, passiflore). Retournez vous coucher uniquement quand vous vous sentez apaisé et que la somnolence revient. Rester dans votre lit en luttant contre l’angoisse crée une association négative entre votre lit et l’anxiété, aggravant le problème à long terme.
Routines préventives pour éviter l’angoisse nocturne
Au-delà de la gestion des crises aiguës, mettre en place des habitudes protectrices réduit considérablement la fréquence et l’intensité des épisodes d’angoisse nocturne. La prévention est toujours plus efficace que la réaction.
Créez un rituel de transition apaisante
Établissez une période d’au moins 60 à 90 minutes avant le coucher dédiée à la détente progressive. Diminuez progressivement les stimulations : éteignez les écrans, baissez les lumières, ralentissez le rythme. Pratiquez des activités calmes : lecture paisible, musique douce, conversation tranquille, bain tiède (la baisse de température corporelle qui suit favorise l’endormissement), étirements doux, méditation, écriture dans un journal.
Le journal de décompression
Avant d’aller vous coucher, prenez 10 minutes pour écrire librement tout ce qui vous préoccupe, vos inquiétudes, vos tâches du lendemain, vos émotions. Externalisez vos pensées sur le papier pour libérer votre esprit. Cette pratique signale à votre cerveau qu’il peut lâcher prise, que vous avez « pris note » et que vous traiterez ces questions demain. Vous pouvez aussi écrire trois choses positives de votre journée ou trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant, recadrant votre attention sur des éléments apaisants plutôt que stressants.
Pratique quotidienne de méditation
Pratiquez la méditation ou la pleine conscience quotidiennement, idéalement le soir mais aussi en journée. Même 10 minutes par jour font une différence significative. La méditation entraîne votre cerveau à observer vos pensées et émotions sans y réagir, créant une distance salutaire avec vos préoccupations. Elle régule également votre système nerveux, réduisant votre niveau d’anxiété de base. De nombreuses applications gratuites proposent des méditations guidées spécifiques pour le sommeil et l’anxiété.
Horaires de sommeil réguliers
Maintenez des horaires de sommeil réguliers, même le week-end. Se coucher et se lever approximativement aux mêmes heures synchronise votre horloge biologique, améliore la qualité de votre sommeil et stabilise votre humeur. Votre corps apprécie la prévisibilité et fonctionne mieux avec un rythme constant.
Activité physique régulière
Intégrez de l’activité physique régulière dans votre routine, idéalement en fin d’après-midi ou début de soirée (évitez l’exercice intense moins de 2 heures avant le coucher, car il est stimulant). L’exercice réduit les niveaux de cortisol, libère des endorphines (hormones du bien-être), fatigue sainement votre corps et améliore la qualité de votre sommeil profond. 30 minutes de marche rapide, de course, de natation, de yoga ou de toute activité que vous appréciez suffisent. L’important est la régularité plutôt que l’intensité.
Optimisation de l’environnement de sommeil
- Température : maintenez votre chambre entre 16 et 19°C
- Obscurité : utilisez des rideaux occultants ou un masque de sommeil
- Silence : créez un environnement calme ou utilisez un bruit blanc pour masquer les sons perturbateurs
- Confort : investissez dans une literie de qualité adaptée à vos besoins
- Fonction : réservez votre chambre exclusivement au sommeil et à la détente, pas au travail ou aux activités stimulantes
Limitation des substances perturbantes
- Caféine : aucune consommation après 14h
- Nicotine : réduction voire arrêt complet
- Alcool : limitation stricte, surtout en soirée
- Repas : évitez les repas lourds ou épicés tard le soir
Gestion du stress diurne
Développez des stratégies pour empêcher l’accumulation de tensions : pauses régulières au travail, techniques de respiration rapides en journée, identification et remise en question de vos pensées anxiogènes, délégation des tâches quand possible, création de limites saines entre vie professionnelle et personnelle, activités plaisantes et ressourçantes régulières.
Quand consulter un professionnel de santé ?
L’angoisse nocturne occasionnelle ne nécessite pas forcément une intervention médicale, surtout si vous identifiez un facteur déclenchant temporaire et que les techniques d’auto-gestion fonctionnent. Cependant, certaines situations requièrent l’avis d’un professionnel.







